1 janvier férié Que dit la convention collective sur le sujet

Le 1 janvier férié est l’un des onze jours fériés légaux reconnus par le Code du travail français. Chaque année, cette date soulève des interrogations légitimes chez les salariés comme chez les employeurs : doit-on travailler ce jour-là ? Quelle rémunération s’applique ? Que prévoit exactement la convention collective de son secteur ? Ces questions ne sont pas anodines, car les réponses varient selon le statut du salarié, la taille de l’entreprise et les accords collectifs en vigueur. Comprendre le cadre légal et conventionnel qui entoure ce jour de l’an est indispensable pour éviter tout litige et faire valoir ses droits. Ce guide juridique fait le point sur les règles applicables, du droit commun aux spécificités sectorielles.

Ce que la loi prévoit pour le 1er janvier férié

En France, le 1er janvier figure parmi les jours fériés légaux listés à l’article L.3133-1 du Code du travail. Cette liste comprend onze dates, dont le 1er mai, le 14 juillet ou encore le 25 décembre. Mais contrairement à une idée reçue, être un jour férié légal ne signifie pas automatiquement être un jour chômé et payé pour tous les salariés.

Le principe général est le suivant : les jours fériés ne sont pas obligatoirement chômés, sauf pour le 1er mai qui bénéficie d’un régime particulier. Pour tous les autres jours fériés, y compris le 1er janvier, l’employeur peut légalement demander à ses salariés de travailler, sans avoir à verser de majoration de salaire imposée par la loi, sauf disposition contraire.

Néanmoins, une protection existe pour les salariés ayant plus de trois mois d’ancienneté dans l’entreprise. Si le 1er janvier est chômé, leur rémunération ne peut pas être réduite. Autrement dit, l’absence ce jour-là ne doit entraîner aucune perte de salaire. Cette règle, inscrite dans le Code du travail, s’applique à l’ensemble du territoire métropolitain et des départements d’outre-mer.

Le Ministère du Travail rappelle régulièrement que ces dispositions constituent un socle minimal. Les accords d’entreprise, les conventions collectives ou les usages professionnels peuvent prévoir des conditions plus favorables. Jamais moins favorables : c’est le principe de faveur qui gouverne l’articulation entre loi et accord collectif.

Impact sur la rémunération des employés

La question de la rémunération le 1er janvier dépend directement de deux situations distinctes : le salarié ne travaille pas ce jour-là, ou il est appelé à travailler. Dans le premier cas, la règle est claire pour les salariés ayant l’ancienneté requise : pas de retenue sur salaire. Dans le second cas, la situation est plus nuancée.

Quand un salarié travaille le 1er janvier, la loi ne prévoit pas de majoration automatique. Aucune disposition légale n’oblige l’employeur à payer le double ou à accorder un repos compensateur, contrairement à ce que beaucoup de salariés imaginent. C’est précisément là qu’interviennent les conventions collectives et les accords d’entreprise, qui peuvent améliorer significativement ces conditions.

Voici les points à vérifier systématiquement pour connaître ses droits réels :

  • L’existence d’une convention collective applicable à l’entreprise et ses dispositions spécifiques sur les jours fériés
  • La présence d’un accord d’entreprise ou d’établissement prévoyant des majorations de salaire
  • Les usages et pratiques habituels de l’entreprise, qui peuvent créer des droits acquis s’ils sont constants, fixes et généraux
  • Le contrat de travail individuel, qui peut comporter des clauses plus favorables que la convention collective

Dans les secteurs où le travail le 1er janvier est courant, comme l’hôtellerie-restauration, la grande distribution ou la santé, les conventions collectives prévoient généralement des majorations allant de 25 % à 100 % du salaire horaire. Certains accords accordent en plus un repos compensateur équivalent à la durée travaillée ce jour-là.

Pour les apprentis et les salariés à temps partiel, les mêmes règles s’appliquent, au prorata de leur temps de travail. Un apprenti ne peut pas subir de retenue sur son salaire si le 1er janvier est chômé dans l’entreprise. Les travailleurs intérimaires, eux, bénéficient des mêmes droits que les salariés permanents de l’entreprise utilisatrice pour ce qui concerne les jours fériés chômés.

Ce que prévoient les conventions collectives sur ce jour particulier

Une convention collective est un accord négocié entre les organisations syndicales représentatives des salariés et les représentants des employeurs d’un secteur d’activité. Elle fixe les conditions de travail, de rémunération et les garanties sociales applicables à toutes les entreprises relevant de son champ d’application. Sur la question des jours fériés, les conventions collectives jouent un rôle déterminant.

La première étape pour tout salarié est d’identifier la convention collective applicable à son entreprise. Ce renseignement figure obligatoirement sur le bulletin de salaire, conformément à l’article R.3243-1 du Code du travail. Le texte intégral de chaque convention est consultable gratuitement sur Légifrance (legifrance.gouv.fr).

Les dispositions relatives aux jours fériés varient considérablement d’un secteur à l’autre. Dans la convention collective nationale de la métallurgie, les jours fériés chômés sont rémunérés sans condition d’ancienneté particulière pour la plupart des salariés. Dans la convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, le travail un jour férié comme le 1er janvier ouvre droit à une majoration de 100 % du salaire horaire, soit un doublement de la rémunération.

Certaines conventions collectives prévoient également un nombre minimum de jours fériés chômés dans l’année, indépendamment du calendrier légal. Si l’employeur souhaite faire travailler ses salariés au-delà de ce plafond, des contreparties spécifiques s’appliquent. D’autres conventions listent explicitement les jours fériés qui doivent impérativement être chômés, et le 1er janvier en fait souvent partie.

Les syndicats jouent un rôle de surveillance dans l’application de ces dispositions. En cas de doute sur l’interprétation d’une clause, le délégué syndical de l’entreprise ou l’Inspection du travail peuvent être consultés. Cette dernière est compétente pour vérifier la conformité des pratiques de l’employeur avec les obligations conventionnelles.

Situations particulières et cas spécifiques à connaître

Certains salariés se trouvent dans des situations qui méritent un traitement spécifique. Le cas des salariés à domicile, des travailleurs saisonniers ou des personnes en CDD soulève des questions pratiques que les textes généraux ne tranchent pas toujours clairement.

Pour les salariés en CDD, le principe d’égalité de traitement avec les CDI s’applique pleinement. Un salarié en contrat à durée déterminée bénéficie des mêmes droits en matière de jours fériés que ses collègues en CDI, à condition de remplir la condition d’ancienneté de trois mois. Si son contrat est inférieur à cette durée, la loi ne lui garantit pas le maintien de salaire pour le 1er janvier chômé, mais la convention collective peut prévoir une protection plus étendue.

La situation des salariés en télétravail ne modifie en rien les règles applicables. Le fait de travailler depuis son domicile n’exonère pas l’employeur de ses obligations relatives aux jours fériés. Si le 1er janvier est chômé dans l’entreprise, le télétravailleur n’a pas à se connecter et son salaire est maintenu intégralement.

Le cas des entreprises de moins de onze salariés mérite attention. Ces structures ne sont pas exclues du champ d’application des conventions collectives de branche. Si une convention s’applique à leur secteur d’activité, elles sont tenues de la respecter, même sans représentant syndical en interne. L’absence de délégué du personnel ne supprime pas les droits des salariés.

Enfin, pour les salariés relevant de la fonction publique, les règles diffèrent du droit privé. Le 1er janvier est un jour férié chômé et payé sans condition d’ancienneté, et aucun agent ne peut être contraint de travailler ce jour-là sauf nécessités absolues de service, avec des compensations prévues par des textes réglementaires spécifiques.

Faire valoir ses droits en cas de litige avec son employeur

Un désaccord avec son employeur sur le traitement du 1er janvier férié peut survenir pour plusieurs raisons : refus de maintien de salaire, absence de majoration prévue par la convention collective, ou contestation de l’obligation de travailler. Dans tous ces cas, une démarche structurée augmente les chances d’obtenir satisfaction.

La première étape consiste à rassembler les textes applicables : le Code du travail, la convention collective de branche et le contrat de travail. Ces trois sources forment la hiérarchie des normes applicable à la situation. Une consultation sur Service-public.fr permet d’obtenir des informations fiables et actualisées sur les droits des travailleurs.

Si le dialogue direct avec l’employeur n’aboutit pas, le salarié peut saisir l’Inspection du travail pour signaler une infraction aux dispositions légales ou conventionnelles. L’inspecteur du travail dispose de pouvoirs d’investigation et peut mettre en demeure l’employeur de se conformer à ses obligations. Cette démarche est gratuite et confidentielle.

En dernier recours, le Conseil de prud’hommes est la juridiction compétente pour trancher les litiges individuels entre salariés et employeurs. La procédure débute par une phase de conciliation obligatoire. Les délais peuvent être longs, mais les condamnations prononcées incluent généralement le rappel de salaire dû, les congés payés afférents et parfois des dommages et intérêts. Seul un avocat spécialisé en droit du travail peut évaluer précisément les chances de succès d’une telle action et conseiller sur la stratégie à adopter.